Conférence de presse du 19 août 2026 tenue par le porte-parole du ministère des Affaires étrangères Lin Jian

2026-08-19 18:00

CCTV : La partie chinoise a annoncé la prochaine visite du ministre des Affaires étrangères Wang Yi en République de Corée. Pourriez-vous nous faire part des attentes de la Chine à l’égard de cette visite ?

Lin Jian : La Chine et la République de Corée sont des pays voisins et des partenaires de coopération. Depuis l’établissement des relations diplomatiques il y a 34 ans, le développement rapide et global des relations bilatérales a apporté des bénéfices tangibles aux deux peuples et contribué à la paix, à la stabilité, au développement et à la prospérité de la région. À la fin de l’année dernière et au début de cette année, le président Xi Jinping et le président Lee Jae Myung ont effectué avec succès des visites réciproques et sont parvenus à un consensus important, ouvrant de nouvelles perspectives pour le développement des relations bilatérales. Nous sommes convaincus que la prochaine visite du ministre des Affaires étrangères Wang Yi permettra aux deux parties de redoubler d’efforts pour mettre en œuvre le consensus important atteint par les deux chefs d’État, renforcer la communication, accroître la confiance mutuelle, approfondir les échanges et la coopération, et faire progresser conjointement le partenariat de coopération stratégique Chine-République de Corée.

Agence de presse Xinhua : La Chine a annoncé que le ministre des Affaires étrangères Wang Yi effectuerait une visite en Indonésie, où il présidera la première Conférence du Mécanisme de dialogue stratégique global Chine-Indonésie et participera à la deuxième Réunion ministérielle du Dialogue conjoint des ministres des Affaires étrangères et de la Défense Chine-Indonésie. Pourriez-vous nous communiquer les informations sur ces conférences ? Quelles sont les attentes de la Chine à l’égard de cette visite ?

Lin Jian : Sous l’orientation stratégique des deux chefs d’État, des progrès solides ont été accomplis dans la construction d’une communauté d’avenir partagé Chine-Indonésie, et la coopération fondée sur les « cinq piliers » a produit des résultats fructueux. À l’heure où les changements inédits depuis un siècle s’accélèrent, il revêt une grande importance pour la Chine et l’Indonésie, en tant que grands pays en développement et représentants majeurs du Sud global, de renforcer leur communication stratégique, leur solidarité et leur collaboration. Le lancement du Mécanisme de dialogue stratégique global Chine-Indonésie et la tenue de la deuxième Réunion ministérielle du Dialogue conjoint des ministres des Affaires étrangères et de la Défense Chine-Indonésie démontrent pleinement l’importance stratégique et le haut niveau des relations entre la Chine et l’Indonésie.

Lors de la première Conférence du Mécanisme de dialogue stratégique global Chine-Indonésie, les deux parties se concentreront sur une meilleure synergie entre leurs stratégies de développement, l’exploration de mesures concrètes visant à approfondir la construction d’une communauté d’avenir partagé Chine-Indonésie et les efforts en faveur de leurs modernisations respectives. Lors de la deuxième Réunion ministérielle du Dialogue conjoint des ministres des Affaires étrangères et de la Défense Chine-Indonésie, le ministre des Affaires étrangères Wang Yi et le ministre de la Défense Dong Jun auront des échanges de vues approfondis avec la partie indonésienne sur les questions de sécurité politique, la coopération en matière de défense ainsi que la situation internationale et régionale.

La Chine est disposée à travailler avec l’Indonésie pour suivre l’orientation stratégique définie par les deux chefs d’État, assurer le succès des deux réunions des mécanismes, mener des efforts coordonnés pour faire progresser la coopération en matière de développement et de sécurité, et accélérer la construction d’une communauté d’avenir partagé Chine-Indonésie revêtant une influence régionale et mondiale, afin d’apporter davantage de bénéfices aux peuples chinois et indonésien et de contribuer davantage à la paix et au développement dans la région et dans le monde.

Global Times : Le 17 août, le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov a déclaré aux médias que le Japon avait initialement été désigné comme un « État ennemi » dans la Charte des Nations Unies. Il a exprimé l’espoir que le Japon lise sérieusement la Charte des Nations Unies dans son intégralité, y compris son article 107, à savoir les « clauses relatives aux États ennemis ». Le Japon a adhéré aux Nations Unies à l’époque après avoir reconnu les crimes commis par le militarisme japonais et tout le contenu de la Charte des Nations Unies. Si les dirigeants japonais tentent de violer leur propre Constitution, de réécrire le droit international et d’éluder leurs responsabilités historiques, cela suscitera naturellement de vives préoccupations. Quel est le commentaire de la Chine à ce sujet ?

Lin Jian : La Chine partage les propos tenus par le ministre des Affaires étrangères Sergueï Lavrov. Les « clauses relatives aux États ennemis » constituent une disposition importante de la Charte des Nations Unies. Alors que cette année marque le 80e anniversaire de l’ouverture des procès de Tokyo, réaffirmer les « clauses relatives aux États ennemis » et souligner leur caractère contraignant revêtent une importance particulière pour défendre les acquis de la victoire de la Guerre de résistance du peuple chinois contre l’agression japonaise et de la Guerre mondiale antifasciste, et empêcher la résurgence du militarisme.

Il convient de rappeler au Japon que des instruments ayant une valeur juridique en droit international, notamment la Déclaration du Caire, la Proclamation de Potsdam et l’Acte de capitulation du Japon, définissent les obligations internationales du Japon en tant que pays vaincu et constituent les pierres angulaires de l’ordre international d’après-guerre. Le respect de ces obligations constitue la condition politique et juridique préalable au retour du Japon sur la scène internationale. Aujourd’hui, cependant, le gouvernement Takaichi continue d’éluder la question des crimes historiques commis par le Japon, sans faire un examen de conscience, et va même jusqu’à tout mettre en œuvre pour les blanchir et les glorifier, dans la tentative d’abandonner le pacifisme, de se libérer des contraintes imposées par sa Constitution ainsi que par le droit international et le droit national, et d’intensifier la remilitarisation. Il s’agit là d’un défi flagrant lancé à l’ordre international d’après-guerre et d’une provocation flagrante à l’encontre de la paix et de la justice. Tous les pays épris de paix doivent rejeter et contrer conjointement la dangereuse poursuite des forces de droite japonaises afin de préserver les acquis de la victoire de la Seconde Guerre mondiale et l’ordre international d’après-guerre, et de veiller à ce que les tragédies de l’histoire ne se reproduisent jamais.

Nippon TV : Selon certaines informations, le Département international du Comité central du Parti communiste chinois a invité des parlementaires japonais à effectuer une visite en Chine la semaine prochaine et que les deux parties prévoient de tenir une rencontre. Quel est le commentaire du ministère des Affaires étrangères à ce sujet ?

Lin Jian : Je ne suis pas au courant de la situation que vous avez mentionnée. Je vous recommande de consulter les services compétents chinois.

The Paper : Selon certaines informations, le gouvernement américain envisagera d’adresser une lettre aux pays signataires de la Déclaration conjointe sur le Partenariat pour les opportunités offertes par l’intelligence artificielle (IA), leur demandant de ne pas adhérer simultanément aux initiatives concernées des États-Unis et à d’autres mécanismes qui seraient en conflit avec les initiatives américaines. Un responsable américain anonyme a indiqué que cette démarche visait à faire clairement comprendre à toutes les parties qu’elles ne pouvaient pas adhérer simultanément aux écosystèmes d’IA des États-Unis et de la Chine. Quel est le commentaire de la Chine à ce sujet ?

Lin Jian : L’IA constitue la sagesse collective et un précieux bien commun de toute l’humanité. Mener une vaste coopération dans le domaine de l’IA répond à une attente largement partagée par la communauté internationale, et tous les pays ont le droit de choisir leurs partenaires de coopération en fonction de leurs conditions nationales et de leurs besoins de développement. La Chine s’oppose fermement à toute tentative de contraindre les pays à choisir un camp ou de créer une confrontation entre blocs dans le domaine de l’IA. Nous espérons que toutes les parties abandonneront la mentalité du jeu à somme nulle, maintiendront la solidarité, respecteront la souveraineté numérique de tous les pays et construiront ensemble un système de gouvernance mondiale de l’IA juste et équitable, afin de faire de l’IA un moteur important de la prospérité partagée et de la sécurité commune.

Phoenix TV : Selon certaines informations, le Premier ministre malaisien Anwar Ibrahim a déclaré lors d’une récente interview que Taiwan faisait partie de la Chine. Interrogé sur son point de vue au sujet de la position de la Chine qui ne s’engage pas à renoncer au recours à la force, Anwar Ibrahim a déclaré que si l’une des provinces de Malaisie décidait de faire sécession, il recourrait à la force pour préserver l’unité du pays, faute de quoi le pays serait fragmenté. Quel est le commentaire de la Chine à ce sujet ?

Lin Jian : Observer le principe d’une seule Chine représente l’opinion populaire et la juste cause. L’adhésion de la communauté internationale au principe d’une seule Chine ne saurait être ébranlée. La Chine salue les propos tenus par le Premier ministre Anwar Ibrahim.

Je tiens à souligner une nouvelle fois qu’il n’y a qu’une seule Chine dans le monde et que Taiwan fait partie intégrante du territoire chinois. La Chine doit parvenir à la réunification et y parviendra inévitablement. C’est une tendance historique irréversible.

AFP : Les États-Unis et la République de Corée ont déclaré qu’ils mettraient fin plus tôt que prévu à leurs exercices militaires annuels. Cela intervient quelques jours après que le président Donald Trump a déclaré avoir demandé une réduction de ces exercices, en invoquant ses bonnes relations avec le dirigeant nord-coréen. Quel est le commentaire de la Chine à ce sujet ? 

Lin Jian : Nous avons déjà répondu aux questions sur ce sujet. Le maintien de la paix et de la stabilité dans la péninsule coréenne ainsi que la promotion d’un règlement politique de la question de la péninsule coréenne sont conformes aux intérêts communs de toutes les parties.